Opinion : Maître Mary Concilia Anchang parle du paradoxe de la pauvreté des pays africains

Le COVID-19, serait-il un défi de succès potentiel, loin du désastre pour l’Afrique ?

Tout d’abord, nous tenons à saluer l’initiative de l’UA qui a créé « l’Africa COVID Task Force », force opérationnelle de l’Afrique contre le Coronavirus. Ce comité d’Etats qui est consacré à la crise sanitaire, a à sa tête le franco-ivoirien Tidjiane Thiam. Cette force opérationnelle, non seulement elle est mandatée pour trouver un résultat coordonné et continental pour juguler la pandémie, elle est aussi l’interlocutrice privilégiée des bailleurs de fonds internationaux dans la perspective d’une contre-attaque sanitaire et économique du coronavirus, bien que trop économique par la composition de ses membres.

Cette initiative est postérieure à la réflexion de Paul Francis Tonye, expert sur les questions des ressources naturelles, dans un post sur LinkedIn : COVID-19 l’orgueil précède la ruine Afrique réveille-toi ! Je cite : « Dans un premier temps, l’Union Africaine doit mettre en place un comité scientifique regroupant en son sein, les meilleurs spécialistes en épidémiologie, maladies infectieuses, maladies tropicales et partant, des microbiologistes. Ce comité scientifique doit être chapeauté, par un imminent médecin africain spécialiste ayant fait ses preuves, dont le but sera en plus de conseiller l’exécutif de l’.U.A, mais aussi de faire la publicité des choix et de l’administration de la situation sanitaire dans l’ensemble des États »

Mais, nous pensons que les équipes de chercheurs, experts en Propriété intellectuelle et des juristes Africains devraient être associés à cette épreuve sanitaire qu’est le COVID-19 pour obtenir des résultats inclusifs et optimum. Nous sommes d’avis et proposons que la définition du mot «  pauvreté » tel que véhiculé soit réadaptée. Et même réinventée. Nous avons sujet de penser avec force que, c’est la définition imposée par les hégémonies qui tiendra route. Mais hélas, ce champ définitoire me semble-t-il est établi sur les bases malheureusement, malhonnêtes et par conséquence fausses. Le but étant d’endormir nos esprits quand on ne veut pas les emprisonner dans le terme « la pauvreté africaine », qui est une création artificielle et c’est ça qui prévaut hélas.

Comment penser un seul instant qu’un Continent à un sous-sol scandaleusement riche, doter des matières primaires divers et sous exploitées en ce que, notre continent possède environ 30 % des réserves mondiales en minerais dont 40 % des réserves en Or, 60 % du Cobalt et 90 % du Platine, avec un climat diversifié qu’on peut diviser en plusieurs zones climatiques (soleil et précipitations) bien reparties en saisons bien connues, soit paradoxalement, définie comme pauvre ?

D’ailleurs, est-il besoin de signaler en passant que, le pétrole est de nos jours et pour longtemps à ne point douter, la principale source d’énergie de la planète qui représente pour les pays dits riches, une matière première de grande importance, mamelle nourricière de leurs industries ? Cette définition très péjorative à mon sens, est forcément erronée et voulue par conséquence, je la réfute, parce que je suis consciente de ce que, notre Continent a une histoire qui a été tronquée par le racisme où les Africains, réduits au statut d’esclaves atlantiques, ont été méprisés comme « race inférieure » et « indigènes» sous la colonisation.

C’est ce passé méconnu qui rend ma plume acerbe. La représentation abstraite, de la pauvreté de l’Afrique a pu faire de vieux os avant l’essor du « quatrième pouvoir », la communication qui a, à ne point douter été vulgarisé par des réseaux sociaux. Mais l’explosion des réseaux sociaux a fait que, chaque année, pas mal d’utilisateurs s’inscrivent sur une plateforme sociale pour distiller des informations et en recevoir, rencontrer des personnes invisibles, qui partagent les mêmes passions et les mêmes intérêts qu’eux. Ce partage d’informations tous azimuts éveillent inéluctablement les consciences ou le comment devenir de l’homme libre qui interroge tout désormais.

Un sous-sol riche ne peut être pauvre

En définitive, la dévalorisante définition de « Pauvreté » relative à l’Afrique est révolue et a fait son temps. Elle doit absolument être toilettée. C’est un processus logique qui implique plusieurs étapes temporelles et intellectuelles afin que la réalité soit restituée. Il en va de la dignité des peuples africains d’entreprendre cette mission et c’est un paradigme audacieux. Une prise de conscience de la situation s’impose. Car un sous-sol aussi immensément riche ne peut être pauvre!

Des discussions entre experts, universitaires, hommes et femmes d’affaires sur la nature des économies d’Afrique surtout subsaharienne, il ressort que la transformation locale de nos matières premières, à ne point douter augmentera de façon significative le PIB. Cela signifie que les valeurs ajoutées augmenteront elles aussi globalement dans ces économies à l’instar des 4 dragons d’Asie (The Asian Tigers), les pays nouvellement industrialisés à savoir : la Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong et Singapour. À partir des années 1960, ils sont passés de pays du tiers-monde à un standing de prospérité commensurable à l’Europe de l’Ouest. Il faut dire que leur archétype de développement est une émulation pour un nombre considérable de pays émergents. Il en est ainsi, du modèle de développement chinois qui est un déroulement croissant, pragmatique et concomitant d’industrialisation, de marchéisation et d’ouverture de l’économie nationale sur le marché mondial sous l’administration de l’Etat.

Mais, comment l’Afrique peut-elle devenir un modèle de développement, quand on sait que, le libéralisme politique et le libéralisme économique riment avec l’Etat de droit et la sécurité juridique ? Comment y parvenir tant que l’investissement des ressources naturelles soulève toujours des questions relatives à la souveraineté et au droit applicable dans un contrat d’Etat ? Est-il normal que la gestion du développement d’un pays souverain ou d’un contient soit l’apanage d’un Etat ou d’un groupe d’Etats Étranger ? Ne faut-il pas promouvoir le développement des chaînes de valeur ?

Le Dr. Papa Demba Thiam, économiste Sénégalo Suisse de renom, l’un de précurseur du développement de l’économie réelle en Afrique, promoteur de la thèse de la chaîne de valeur, a une vision avant-gardiste sur cette problématique. D’ailleurs, il entrevoit déjà que « Le Covid-19 peut aider les économies africaines à se réinventer. ». Il est question pour l’Afrique d’accroître sa production, sa transformation et mettre un accent particulier sur la valeur ajouté pour une  meilleur compétitivité entre les Communautés économiques régionales (C.E.R). Cette ouverture aura pour corollaire, la création de plusieurs emplois et de richesses. Surtout la baisse du taux de chômage dans le continent. Ainsi, le flux d’importation sera en baisse tandis que, celui des exportations explosera avec un pourcentage de consommateurs en augmentation, permettant au pays africains d’atteindre un PIB plus élevé.

Poids de la dette

Réalité, le sous-sol africain peut valablement booster la croissance de notre Continent. Mais que dire, du poids de sa dette ? Face au COVID 19 alors même que, le Président Français Emmanuel Macron serait favorable pour l’annulation de la dette française et Européenne sur l’Afrique, certains ministres de finances du G20 et certains experts de l’UA quant à eux, estiment que c’est le « Moratoire » qui est bien pour l’Afrique.  Nous pensons que l’annulation des dettes d’ajustement structurel, les prêts et autres dettes par les institutions de Bretton Woods est essentielle comme aide d’urgence des pays fortement endettés, dont plusieurs sont issus d’Afrique. Il est tout aussi important de mettre en place un plan de relance d’`allégement financier qui serait alloué aux secteurs clés des économies africaines, ce qui permettrait de lutter efficacement contre la pauvreté, d’améliorer les soins de santé, d’aider le genre et les PME à financer le renforcement des capacités des jeunes, la transparence économique, la transformation, la production, la recherche et développement (R&D), le changement climatique et de nombreux autres secteurs clés pour un développement durable. En fait un écosystème plus fiable.

Il est évident que la transparence est importante pour la viabilité et la gestion de la dette, mais ces mesures de relance économique sont indispensables pour permettre aux économies africaines de faire face à leur dette et de passer d’économies dépendantes à des économies autosuffisantes et productives, créant ainsi des emplois, des industries et bien plus encore.  L’Afrique est un terrain de prédilection pour des investissements potentiellement lucratifs en raison de l’abondance des ressources et des opportunités, et le sera plus que jamais après la pandémie. Ceci renforce notre préoccupation vu la nécessité de réinventer la définition du mot pauvreté pour les pays africains. Donc  «  The African Chamber of Trade & Commerce (ACC) plaide pour l`’ allègement financier envers les secteurs clés des PME Africaines, qui permettent une production et transformation, pour l’`allègement des foyers, des familles et des entreprises qui œuvrent à petite échelle et permettent aux économies Africaines d`être stables. L’heure est venue !

C`est pourquoi à notre humble avis, il est question que la dette odieuse Africaine, soit purement et simplement annulée ou remise par les mécanismes de la gestion de la dette des institutions financières internationales, à défaut d’être classée comme compensation sous réserve. Encore faut-t-il que ces fonds soient utilisés à bon escient et non à des fins obscures d`où la responsabilité des gestionnaires africains est exiger. Tel est notre plaidoyer pour une Afrique plus forte et prospère, loin du tableau d’un Continent pauvre et misérable.

Africains, bougeons autrement !

Par Maître Mary Concilia Anchang 

The African Chamber of Trade & Commerce

Présidente Fondatrice

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